Prévention des accidents : L’influence de la norme et du groupe

prévention des accidents

La norme est un ensemble de règles et de prescriptions portant sur la manière de percevoir, de penser, et d’agir. Elle sert d’échelle de référence pour définir une marge de conduite, d’attitude ou d’opinions permises ou répréhensibles.

Elle peut être associée à des punitions (amendes si excès de vitesse) ou des récompenses (cadeaux pour les dons de sang). Elle sera d’autant plus suivie si elle est rappelée, même implicitement (ex : une rue sale entraine le dépôt de déchets).

Apprentissage social et observation

Les normes sont transmisses par un processus d’apprentissage social au cœur duquel se trouve le principe d’imitation : via un intermédiaire, on apprend que telles action est soit récompensée, soit punie (= apprentissage par modèle). L’imitation est favorisée par plusieurs facteurs dont :

  • La similitude avec le modèle. Un comportement est imité deux fois plus souvent si le modèle est semblable.
  • La sympathie perçue du modèle

En matière de prévention des accidents, cela nous rappelle l’importance d’un comportement exemplaire chez les personnes proches par exemple d’un nouveau travailleur. Concernant l’apprentissage des normes, l’influence des collègues ou du chef d’équipe sera très importante. L’idée de désigner un « parrain » pour les nouveaux travailleurs est tout à fait pertinente. Dans la mesure du possible, celui-ci devrait être choisi par le nouveau travailleur puisque la sympathie représente un facteur important d’apprentissage.

Une des phases importante de l’apprentissage social étant l’observation, il faut faire particulièrement attentif à ce que les comportements à apprendre en matière de sécurité soient bien visibles. On dit souvent que « la sécurité qui ne se voit pas… ne se vit pas ». Ne soyons dès lors pas trop économes en termes de communication. Et comme l’excès nuit en tout, mieux vaut mettre l’accent sur la qualité plutôt que sur la quantité. Mieux vaut un grand thèmes sécurité diffusé chaque mois de façon structurée qu’une surabondance d’affiches que plus personne ne voit.

L’ignorance plurielle

Un phénomène important à prendre en compte dans la formation des normes est l’ignorance plurielle. En situation ambiguë, une personne aura tendance à croire que les autres se conforment à certaines idées ou normes et donc à la suivre à son tour, alors qu’individuellement, aucun d’entre eux n’est en accord avec celle-ci. Il s’agit notamment d’un des mécanismes expliquant la non-assistance à personne en danger.

En matière de prévention des accidents, s’il manque d’information, les travailleurs risquent de créer d’eux même, et contre leur gré, une norme inadaptée.

La perception de la norme est parfois plus importante que la norme elle-même. Une enquête dans des universités américaines a par exemple montré que plus de 70% des étudiants surestimaient la consommation d’alcool moyenne de leurs pairs. Le problème de cette norme imaginée est qu’elle pousse les personnes à augmenter leur consommation pour rejoindre la norme ou au moins s’en rapprocher.

Apprentissage social et observation
la mauvaise perception de la norme

L’effet de faux consensus

Toujours concernant la mauvaise perception de la norme, on retrouve l’effet de faux consensus : nous surestimons le pourcentage d’individus partageant notre opinion et préférence pour un domaine donné. Cela vient du fait que l’on recherche un consensus social au sein de notre groupe et que l’on évite les groupes ayant un point de vue différent. Cela conduit à considérer les personnes ne partageant pas notre vision des choses comme présentant un jugement déficient ou biaisé.

Intériorisation des normes et quart d’heure sécurité

Pour qu’une norme persiste dans un groupe, il faut qu’elle soit intériorisée par les individus. Cette intériorisation se fait si la norme est perçue comme solide/partagée, quelle est perçue comme volontaire (attribution interne) et que l’on est prêt à la suivre. Par conséquent, changer la norme permet d’induire un changement de comportement.

Au plus les personnes concernées par la norme sont impliquées dans le changement, au plus elles y adhéreront et au plus le changement sera efficace.

La méthode SMART-Safety de Fullmark a bien pris en compte l’importance d’impliquer chaque personne dans le changement mais aussi de leur en expliquer les raisons. C’est en préparant des documents de supports pour quart d’heure sécurité en tenant compte de ces éléments clés de la psychologie sociale que Fullmark peut réellement offrir des supports dont l’impact sur les personnes est le plus important.

Conclusion

Le besoin d’appartenance à un groupe ne doit pas être sous-estimé, l’exclusion sociale est une expérience particulièrement pénible. Les zones du cerveau activées lors de l’exclusion sont semblables à celles activées par la douleur. On comprend donc aisément que l’individu soit motivé à travestir ses comportements ou propos pour éviter le rejet de son groupe de pairs.


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